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Suppression des ZFE : les entreprises, un levier clé de la décarbonation du parc automobile français

La décision de l’Assemblée nationale, le 14 avril 2026, de confirmer la suppression des Zones à Faibles Émissions (ZFE) marque une évolution du cadre réglementaire de la mobilité en France. 

Les ZFE visaient à réduire l’exposition des populations aux risques sanitaires liés à la pollution de l’air en limitant la circulation des véhicules les plus polluants en zones urbaines denses. Leur mise en œuvre a toutefois suscité des interrogations, en raison de modalités d’application hétérogènes et peu lisibles, d’une efficacité jugée insuffisamment démontrée, et de critiques portant sur l’équité d’accès à des véhicules récents par les citoyens.

Aussi, si on observe aujourd’hui une baisse de la pollution dans les agglomérations, cela s’explique principalement par le renouvellement « naturel » du parc automobile dans son ensemble. Sous l’effet du durcissement des normes et de l’amélioration des motorisations, les véhicules mis en circulation en remplacement de modèles plus anciens sont moins polluants, ce qui contribue à améliorer la performance environnementale globale du parc roulant.

Un renouvellement du parc qui contribue déjà à réduire les émissions

En Europe, la composition de ce parc évolue progressivement vers des modèles plus efficients et moins émetteurs. L’Avere indique qu’en mars 2026, près de 55 000 véhicules 100 % électriques ont été immatriculés en France, soit une hausse de 69,1% par rapport à mars 2025. Par ailleurs, la part de marché des immatriculations de véhicules électriques sur ce mois est supérieure à 28%.

Cette transformation s’inscrit dans une dynamique structurelle : l’élargissement de l’offre, les progrès en matière d’autonomie, le déploiement des infrastructures de recharge et les incitations fiscales contribuent à accélérer l’adoption des motorisations électrifiées. En toute logique, comme le souligne notamment l’observatoire Atmosud, il en résulte une diminution de la pollution désormais observable à l’échelle nationale, y compris dans les territoires non couverts par des ZFE. 

Les entreprises, moteur du renouvellement du parc automobile

Dans ce contexte, les entreprises jouent un rôle déterminant : plus d’un véhicule neuf sur deux est immatriculé par une entreprise en France. Alors que l’âge moyen du parc atteint 12,3 ans (AAA Data), les flottes professionnelles se distinguent par des cycles de renouvellement plus courts, généralement compris entre 3 et 5 ans.

Ce renouvellement accélère la mise en circulation de véhicules récents et moins émetteurs, tout en favorisant l’électrification des flottes. En mars 2026, 41 % des immatriculations de véhicules d’entreprise ont ainsi concerné des modèles 100 % électriques. Selon Sesamlld, cette évolution s’opère au détriment des motorisations thermiques : en mars, la part d’immatriculations de véhicules professionnels thermiques (essence comme diesel) financés en LLD a reculé de 23,4%.

La location longue durée, un accélérateur de cette dynamique

Dans ce cadre, la location longue durée (LLD) constitue un levier structurant. Les véhicules financés en LLD affichent un taux moyen d’émissions de CO₂ de 78,9 g/km, soit 16,4 % de moins que la moyenne du marché automobile (94,4 g/km). Au-delà de l’impact environnemental, la LLD apporte aussi de nombreux bénéfices opérationnels aux organisations, en offrant une meilleure visibilité budgétaire, une gestion simplifiée et une grande flexibilité. 

La suppression des ZFE modifie le cadre mais ne remet pas en cause la dynamique de fond. Pour les gestionnaires de flotte, l’enjeu est de structurer une feuille de route (renouvellement, électrification, recharge) et de la déployer rapidement, afin de sécuriser performance environnementale, maîtrise des coûts et continuité d’activité.