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Sécurité routière : un levier de performance et de responsabilité pour les entreprises

Chaque jour, des milliers de déplacements professionnels s’effectuent sur les routes françaises. Or, selon le Ministère du Travail, le risque routier constitue la première cause de mortalité au travail en France. En 2024, 424 personnes ont en effet ainsi perdu la vie lors d’un déplacement lié à leur activité professionnelle.

Cette réalité invite à reconsidérer la place de la route dans l’environnement de travail. Au-delà du cadre réglementaire, le risque routier peut avoir un impact direct sur l’activité, les coûts et l’organisation des entreprises. Mais au-delà de ses effets sur l’activité et l’organisation, la prévention du risque routier répond aussi à une attente sociétale croissante : 78 % des Français estiment que les entreprises ont un rôle à jouer dans la prévention des risques routiers (étude Alphabet France x YouGov – 04/2026).

Risque routier professionnel : comprendre l’enjeu et les responsabilités de l’employeur

Par « trajet professionnel » on entend les déplacements liés à une mission mais aussi les trajets domicile-travail effectués par les salariés. En France, près de 30 % des accidents mortels du travail sont liés à la route, ce qui en fait un enjeu majeur pour les entreprises. Plus largement, l’ONISR met en évidence plusieurs facteurs majeurs d’accidentalité mortelle sur la route : la vitesse excessive ou inadaptée, la conduite sous l’emprise d’alcool et/ou de stupéfiants, ainsi que le défaut d’attention (distracteurs, usage du téléphone, etc.). La fatigue et la somnolence constituent également des facteurs aggravants. Autant d’éléments qui, transposés aux déplacements professionnels, appellent une prévention structurée, à la fois sur les comportements et sur l’organisation des trajets.

Les entreprises sont à l’origine de près de 60 % des immatriculations de véhicules neufs chaque année en France ; elles contribuent ainsi de manière significative au volume de véhicules utilisés à des fins professionnelles sur les routes. Dans le même temps, les collaborateurs amenés à se déplacer pour le travail parcourent davantage de kilomètres et font face à des contraintes opérationnelles susceptibles d’accroître leur exposition au risque. La prévention doit donc dépasser les seuls comportements individuels et s’appuyer sur une approche structurée, intégrant l’organisation des mobilités, la gestion de la flotte et les conditions d’usage des véhicules.

Cette responsabilité s’inscrit dans un cadre réglementaire clair. Au titre de son obligation générale de sécurité, l’employeur doit évaluer le risque routier dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées. À défaut, sa responsabilité peut être engagée, y compris sur le plan pénal, comme le rappelle l’INRS.

Prévenir et sensibiliser

Au-delà des obligations réglementaires, la prévention du risque routier constitue un facteur de performance pour l’entreprise. La baisse de la sinistralité contribue à réduire les coûts (réparations, immobilisations, gestion des incidents), à sécuriser la continuité d’activité et à limiter l’absentéisme.

L’enjeu demeure également humain : un accident de la route peut entraîner des atteintes physiques parfois durables et générer des répercussions psychologiques pour les collaborateurs concernés.

Dans cette perspective, la sensibilisation et la formation des conducteurs constituent des leviers prioritaires. Actions de formation (écoconduite, conduite préventive), campagnes internes et chartes d’usage permettent d’encadrer les pratiques, de renforcer l’adoption de comportements plus sûrs et d’ancrer durablement une culture de la sécurité.

Ainsi, le risque routier s’inscrit au croisement d’enjeux humains, juridiques et opérationnels. Une démarche de prévention structurée permet de protéger les collaborateurs tout en optimisant la performance de la flotte, dans une logique de responsabilité et de performance durable.