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Mobilité plus responsable : entre perception et réalité, quels enjeux pour les entreprises ?

Publié le 09/03/2026

84 % des Français estiment que leurs habitudes de déplacement sont respectueuses de l’environnement, 19 % les jugeant même « très respectueuses ». Issu de la récente étude Alphabet France x YouGov, ce résultat met en évidence la perception largement positive des répondants sur leurs propres comportements.

Pourtant, dans un contexte où la réglementation se renforce et où les solutions de mobilité plus durables se multiplient, ce constat interroge : comment accélérer la transition si une majorité considère déjà agir correctement ? L’enjeu n’est pas de remettre en cause cette perception, mais d’en comprendre les ressorts… et les limites.

Des perceptions différentes selon l’âge et le territoire

Les jeunes générations apparaissent à la fois plus engagées et plus exigeantes : 29 % des 18-24 ans jugent leurs déplacements « très respectueux ». Ils sont également plus nombreux à se montrer critiques à l’égard de leurs propres pratiques : 17 % des 18-24 ans et 18 % des 25-34 ans jugent leurs déplacements « peu respectueux de l’environnement », contre seulement 13 % des 35-44 ans, et 11 % des 45-54 ans. Cette posture traduit une sensibilité accrue aux enjeux environnementaux.

On note aussi des disparités de perception selon la zone d’habitation des personnes interrogées. Dans les villes de plus de 100 000 habitants, 87 % des répondants considèrent que leurs déplacements sont respectueux de l’environnement, un chiffre qui descend à 78 % dans les agglomérations de taille intermédiaire (20 000 à 100 000 habitants). Un résultat qui peut s’expliquer par une offre de mobilités alternatives plus dense dans les grandes villes (transports en commun, vélos partagés…), qui influence directement les usages et, de manière logique, donc la perception de leur impact sur l’environnement.

Le baromètre récemment réalisé par l’IFOP pour Alphabet France apporte d’ailleurs un éclairage complémentaire : si en moyenne 75 % des actifs français utilisent une voiture pour effectuer leurs trajets domicile-travail, ce chiffre masque des réalités très contrastées : la voiture est en effet utilisée  par 88% des actifs dans les petites agglomérations et les zones rurales, contre seulement 52 % en région parisienne.

Ce baromètre souligne également le fait que 14 % des conducteurs roulent désormais en véhicule électrique ou hybride, un chiffre en progression constante (9% en 2023, 11% en 2024) et que 52 % des répondants envisagent une motorisation électrifiée pour leur prochain véhicule (47 % en 2024). La dynamique est réelle mais demeure progressive, suggérant un possible décalage entre le sentiment d’agir en faveur de la transition et l’impact effectif des pratiques. Comme le rappelle l’Observatoire Cetelem 2025, l’intention progresse souvent plus vite que les usages.

Les entreprises, leviers clés de la transition

D’après l’Avere-France, environ 60% des véhicules neufs vendus chaque année dans l’Union Européenne sont des véhicules de société. Les entreprises occupent donc une position centrale dans la décarbonation des trajets et du parc automobile français : électrification des flottes, évolution des car policies, intégration de critères environnementaux dans le pilotage du TCO ou encore accompagnement des collaborateurs constituent autant de leviers déterminants pour accélérer la transition énergétique de la mobilité.

En rapprochant les perceptions individuelles des réalités de terrain, les entreprises disposent d’un levier stratégique pour orienter durablement les comportements de mobilité. En structurant leurs politiques et en accompagnant leurs collaborateurs, elles peuvent transformer une intention encore diffuse en progrès concret et mesurable.

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