En 2026, dans un contexte où la trajectoire de décarbonation des flottes reste pleinement d’actualité, la fiscalité automobile continue de se renforcer pour les entreprises. Même si l’Union européenne a assoupli fin 2025 l’objectif de passage au tout-électrique en 2035, les règles applicables aux véhicules d’entreprise poursuivent un objectif clair : réduire progressivement l’empreinte carbone des parcs automobiles.
Ces évolutions s’inscrivent dans un calendrier réglementaire désormais bien installé qui laisse peu de place à l’improvisation dans les choix de renouvellement et de structuration des flottes. Pour les gestionnaires de flotte, bien comprendre ces mécanismes est indispensable afin de piloter efficacement les coûts, les usages et la conformité réglementaire tout en accompagnant la transformation des pratiques de mobilité.
Un cadre fiscal de plus en plus incitatif… et contraignant
Comme en 2025, l’année 2026 démarre sans qu’un consensus n’ait été trouvé autour de son budget. C’est donc encore une fois une loi spéciale, adoptée le 23 décembre 2025, qui organise la situation provisoire jusqu’à ce que la loi de finances 2026 soit adoptée. Les règles fiscales qui s’appliquent aux véhicules d’entreprise sont néanmoins connues pour 2026 puisqu’elles avaient déjà été définies par la loi de Finances 2025.
En 2026, la fiscalité à l’immatriculation continue à se durcir, avec des seuils de déclenchement du malus CO₂ abaissés à 108g/km et des plafonds toujours plus élevés pouvant atteindre 80 000 € pour les véhicules les plus émetteurs (au-delà de 191 g/km). À cela s’ajoute la taxe à la masse, dont le seuil de déclenchement est abaissé à 1 500 kg, et qui sera applicable aux véhicules électriques à partir de juillet 2026 (avec toutefois un abattement de 600 kg destiné à limiter son impact).
Les entreprises sont également soumises à deux taxes « à l’usage » annuelles : l’une liée aux émissions de CO₂, l’autre aux émissions de polluants atmosphériques. Leur niveau dépend des caractéristiques environnementales des véhicules en flotte et de leur motorisation. Ces taxes évoluent progressivement afin d’inciter les entreprises à réduire l’impact environnemental de leur parc en pénalisant davantage les véhicules thermiques les plus émetteurs. À l’inverse, les véhicules électriques bénéficient d’une exonération renforçant leur attractivité dans les stratégies de renouvellement de flotte.
Des leviers toujours favorables à l’électrification
Dans ce contexte, certains dispositifs demeurent particulièrement structurants. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) constituent encore en 2026 le principal mécanisme d’aide pour accompagner l’électrification des flottes.
Les règles de calcul des avantages en nature, mises en place en 2025, continuent également de favoriser les véhicules électriques bénéficiant d’un score environnemental minimal, renforçant leur attractivité économique pour les entreprises.
La fiscalité automobile, un levier structurant pour la gestion de flotte
Au-delà de la contrainte réglementaire, la fiscalité automobile constitue un véritable outil de pilotage de la flotte. Elle influence directement les choix de motorisation, les modes de détention et le rythme de renouvellement des véhicules. Dans ce contexte, la capacité à anticiper et à arbitrer devient un facteur clé de performance, tant sur le plan économique qu’en matière de conformité et de responsabilité environnementale.