L’incertitude réglementaire ralentit la transition énergétique des flottes
Alphabet, le spécialiste des solutions de mobilité à destination des entreprises et de leurs collaborateurs, dévoile les résultats de la quatrième édition de son étude « European Fleet Emission Monitor ».
Depuis quatre ans, l’étude « European Fleet Emission Monitor » (EFEM), pilotée par Alphabet International, suit les progrès des entreprises européennes en matière de durabilité des flottes automobiles.
Réalisée au début de l’année 2026 auprès de plus de 630 gestionnaires de flotte dans 12 pays européens, cette quatrième édition met en évidence un recul inédit des principaux indicateurs de durabilité depuis la création du baromètre, dans un contexte d’incertitude réglementaire qui a conduit de nombreux décideurs à suspendre leurs décisions en matière de durabilité.
L’enquête révèle ainsi un marché à plusieurs vitesses : si 27 % des répondants poursuivent activement leurs efforts d’électrification et de réduction des émissions de CO₂, 19 % préfèrent attendre une clarification de la réglementation et 15 % privilégient des solutions intermédiaires (comme le choix de motorisations hybrides), afin de conserver davantage de flexibilité face aux évolutions du cadre législatif.
En France, les effets de cette incertitude réglementaire sont encore plus marqués : 81 % des répondants estiment qu’elle affecte directement la gestion de leur flotte. Le niveau d’incertitude auquel sont confrontés les gestionnaires de flotte, en France comme en Europe, rend de plus en plus difficile l’inscription de leur politique de mobilité dans une trajectoire claire et durable.
L’étude révèle également que seuls 25 % des gestionnaires de flotte déclarent connaître les solutions numériques permettant de simplifier le suivi des émissions de CO2 de leurs véhicules. En France, cette méconnaissance est encore plus forte puisque 79 % des entreprises déclarent ne pas connaître les outils de suivi des émissions disponibles. De nombreuses entreprises restent ainsi confrontées à des systèmes fragmentés et à un manque de visibilité sur les données nécessaires au pilotage de leur transition.
La transformation numérique des flottes semble également ralentir. Près d’un tiers des répondants (32 %) déclarent ne pas être en mesure d’identifier les principaux défis liés à la digitalisation de leur flotte. En France, 33 % des entreprises considèrent que la difficulté à intégrer différents outils numériques constitue le principal frein à la digitalisation des flottes.
Dans le même temps, l’usage de l’intelligence artificielle continue de progresser à l’échelle européenne : 11 % des entreprises indiquent avoir commencé à intégrer des solutions d’IA pour gérer leur flotte, contre 7 % en 2025. En France, 94 % des entreprises déclarent ne pas encore avoir recours à l’intelligence artificielle.
Une prise en compte des enjeux de durabilité en recul
Plus largement, l’étude met en évidence un affaiblissement de l’intégration des enjeux de durabilité dans la stratégie de gestion de flotte des entreprises européennes. Seule une entreprise sur deux intègre le développement durable dans sa stratégie de flotte, soit le niveau le plus faible observé depuis la création du baromètre (60 % en 2023).
En France, cette tendance est encore plus marquée : seules 39 % des entreprises déclarent intégrer les enjeux de durabilité dans leur stratégie de flotte, contre près d’une sur deux l’année dernière. Par ailleurs, 26 % des entreprises françaises ne prennent pas la durabilité en considération dans leurs décisions liées à la gestion de flotte (22% en 2025).
Le manque d’information demeure un frein majeur à la transition énergétique. À l’échelle européenne, seuls 47 % des répondants déclarent être informés des dispositifs permettant de soutenir l’électrification de leurs véhicules d’entreprise, tandis que près de la moitié considèrent manquer d’informations. En France, la connaissance de ces dispositifs est toutefois supérieure à la moyenne européenne : près de 57 % des entreprises déclarent connaître, totalement ou partiellement, les aides disponibles.
Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer la pédagogie, l’accompagnement et la visibilité réglementaire afin de permettre aux entreprises de poursuivre leurs efforts de transition dans un cadre plus stable.
L’électrification poursuit sa progression
Malgré ces difficultés, les intentions d’électrification restent fortes à l’échelle européenne.
Ainsi, 61 % des gestionnaires de flotte déclarent que leur parc sera entièrement électrifié dans les prochaines années ou l’est déjà aujourd’hui. En France, cette dynamique progresse également : 53 % des répondants estiment que leur flotte sera entièrement électrifiée à terme, contre 40 % en 2025.
La transition énergétique se heurte encore à plusieurs obstacles structurels. En France, l’autonomie des véhicules est évoquée comme principal frein à l’électrification pour 46 % des répondants, devant les enjeux liés aux infrastructures de recharge. Parmi les gestionnaires de flotte pour lesquels l’électrification n’est pas encore une priorité, 26 % identifient également la complexité opérationnelle comme principal facteur de ralentissement. Ces freins confirment la nécessité d’une approche globale et coordonnée pour accélérer durablement la transition des flottes automobiles.
Pour obtenir les résultats de l’étude EFEM (en Anglais), merci de contacter Open2Europe :
- Lila Salmi – l.salmi@open2europe.com – +33 6 15 25 98 04
- Jean-Patrick Chapin – jpchapin@open2europe.com – +33 7 77 85 48 79