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La réglementation CAFE 2021 pèse sur le catalogue des constructeurs

L’obligation de baisser le taux moyen des émissions de CO2 pour les véhicules commercialisés en Europe contraint les constructeurs automobiles à faire évoluer rapidement leur offre. La complexité du dispositif CAFE (Corporate Average Fuel Economy) ne doit pas masquer l’essentiel, un cheminement inéluctable vers une diminution drastique des rejets. Avec de vraies conséquences pour certains segments de voitures.

Dès 2021, la norme européenne CAFE (Corporate Average Fuel Economy) va s’appliquer aux constructeurs automobiles vendant leurs modèles sur le continent. Elle vient compléter le processus de passage au dispositif WLTP (World harmonized Light-duty Test Procedures) qui remplace la norme précédente (NEDC) et propose une mesure plus réaliste des émissions de polluants et des consommations de carburant. 

La réglementation CAFE  s’appliquera dès le premier janvier 2021 sur la base des chiffres de ventes de VP neufs en 2020. Autant dire que nous y sommes, ou presque ! Concrètement, elle limite à 95 g/km le taux moyen de CO2 émis par les VP neufs vendus à compter du  1er janvier 2020, tous constructeurs confondus.

Des objectifs différenciés selon les constructeurs

Pour atteindre cet objectif global, chaque constructeur s’est vu attribuer un plafond différent en fonction du poids moyen des véhicules qu’il propose. En effet, plus un véhicule est lourd, plus sa consommation de carburant augmente et plus ses émissions de CO2 sont élevées. La fixation d’un objectif différencié par marque permet de prendre en considération les différences qui peuvent exister entre les gammes des différents constructeurs. 

Objectifs d’émissions de CO2 en 2021 pour les 13 principaux constructeurs opérant en Europe (source BCA Consulting)

source : Youtube Mesta Fusion - Idemia

A noter :

  • La limite pour les VUL est fixée à 147 g/km (taux moyen) 
  • Pour avantager les motorisations propres, un véhicule émettant moins de 50 g/km de CO2 en 2021 comptera pour 1,67 dans le calcul du taux d’émissions global des ventes réalisées

Des amendes théoriques considérables

Les autorités européennes ont choisi de frapper fort en annonçant des amendes potentielles d’un niveau record : Elles dépendraient à la fois de la moyenne constatée des émissions produites par l’ensemble des véhicules vendus, et du nombre de véhicules vendus. Le produit de ces deux chiffres étant multiplié par 95 euros pour obtenir le montant de l’amende. 

Un constructeur qui dépasserait par exemple de 10 g la moyenne qui lui est assignée, tout en commercialisant 1 million de véhicules, devrait ainsi débourser 950 millions d’euros. 

Le cabinet PA Consulting a d’ailleurs fait ses calculs fin 2018, à partir des chiffres de vente actuels des 13 constructeurs cités plus haut. Il en ressort que les deux tiers d’entre eux (8 sur 13) sont très au-delà des objectifs et que les amendes théoriques pourraient représenter jusqu’à 20 % de leurs bénéfices actuels soit 3,9 milliards d’euros au total.

Des conséquences à prévoir sur les catalogues des constructeurs

L’ampleur des sommes en jeu pousse les constructeurs à faire évoluer rapidement leur catalogue ainsi que les caractéristiques de leurs modèles.

  • Pour les véhicules thermiques, les pistes d’optimisation sont : l’allègement, la limitation de la puissance, la baisse de la consommation de carburant et des émissions polluantes.
  • Concernant l’offre, si la plupart des constructeurs proposent aujourd’hui  des véhicules hybrides et électriques, il est urgent que les ventes de ces modèles augmentent pour éviter d’éventuelles sanctions. Des évolutions de tarifs incitatives sont donc attendues sur ces modèles, ainsi que des prix en hausse pour les modèles les plus polluants qui pourraient même disparaitre des catalogues. 

En avril dernier, les autorités européennes ont annoncé que les exigences de baisses d’émissions de CO2 se poursuivront pour atteindre le seuil moyen de 81 g/km en 2025 et 59 g/km en 2030. Les conditions semblent donc réunies pour accélérer encore une vaste recomposition des catalogues. Voire peut-être, compte tenu des investissements considérables à consentir pour produire des véhicules propres, pour des rapprochements industriels majeurs dont le récent accord entre les groupes FCA et PSA annonce peut-être les prémices.