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Gestionnaire de flotte automobile : un professionnel qui mérite d’être (re)connu

Définir le métier de gestionnaire de flotte n’est pas facile. Car ce professionnel ne présente pas de profil type et voit la diversité de ses missions s’élargir sans cesse. 

D’un point de vue hiérarchique, vous trouverez des gestionnaires de flotte rattachés à la direction des achats ou à celle des moyens généraux. Vous en rencontrerez aussi au département comptabilité ou à celui du contrôle de gestion au sein d’une direction financière. Voire même parfois dans une DRH.

Historiquement, leurs missions concernaient principalement l’entretien du parc automobile. Désormais, leurs qualités de gestionnaire sont de plus en plus mises à contribution.

Le calcul du TCO, un must  bien sûr

Ils jouent un rôle clé dans la prise de conscience des entreprises de l’importance du TCO de leur parc, c’est-à-dire de l’ensemble des coûts qui s’y rapportent. 

Cette phase d’analyse renforce la légitimité du gestionnaire de flotte. Une fois mis en évidence le coût réel de détention du parc de véhicules, le management dispose de clés d’optimisation, parmi lesquelles la redéfinition de la car policy. Votre responsable du parc est alors en première ligne pour faire appliquer ces décisions, y compris auprès de collaborateurs qui cherchent à obtenir des dérogations aux règles communes. 

Les missions élargies du gestionnaire de flotte

Le TCO devient un indicateur-clé à suivre en permanence, avec l’aide des partenaires comme les loueurs longue durée. Le gestionnaire peut aussi utiliser un logiciel spécialisé de gestion de parc, qui le libère des tâches administratives purement manuelles.

Ce temps gagné lui permet de se consacrer aux autres missions qui se sont, progressivement, ajoutées à ses responsabilités :

  • Le suivi de la fiscalité et des réglementations : avec les modifications régulières apportées au bonus et au malus écologique ainsi qu’à la TVS, les besoins d’arbitrage se sont multipliées ces dernières années. Le gestionnaire de parc doit connaître les règles en vigueur et savoir mesurer leur impact. Il doit aussi anticiper sur leurs potentielles évolutions. Car chaque année, les discussions budgétaires de l’automne à l’Assemblée nationale font monter la pression, jusqu’à la date fatidique du 1er janvier où est publiée la nouvelle loi de Finances.
  • L'optimisation environnementale de la flotte : toujours pour des raisons fiscales, mais aussi pour mettre le parc automobile en cohérence avec la politique environnementale de l’entreprise, les gestionnaires de flotte étudient les alternatives offertes par les véhicules électriques, hybrides et hybrides rechargeables. Dans les entreprises de plus de 250 salariés, ils ont d’ailleurs l’obligation de réaliser un audit énergétique de la flotte.  C’est une charge en plus, mais elle leur fournit également des arguments au moment de dialoguer avec la direction générale.
  • Les relations avec les conducteurs : le gestionnaire de flotte accompagne les conducteurs depuis la commande et la livraison des véhicules, puis en suivant les opérations d’entretien pendant le déroulement du contrat, et jusqu’à la restitution et au renouvellement. Il a également un rôle important de communication avec eux : information sur le respect de la réglementation, sensibilisation à l’écoconduite et au risque routier, respect de la charte interne… Derrière tout cela, il poursuit des objectifs clairs : la limitation des frais de dépréciation, la baisse de la consommation de carburant, ou encore la réduction de l’accidentologie sur les déplacements professionnels.

Le métier se digitalise 

Pour mener à bien ses nombreuses missions, le gestionnaire de flotte dispose d’outils de pilotage puissants issus des progrès de la télématique, de la géolocalisation et de la connectique dont les véhicules sont à présent équipés. Certes, cela lui donne des masses de données supplémentaires à analyser. Mais cela lui promet aussi des perspectives importantes d’optimisation du TCO. Par exemple, en réduisant les distances parcourues par les véhicules grâce à des circuits de tournées améliorés, en boostant la productivité des conducteurs en leur évitant des zones à fort trafic, et en assurant un meilleur suivi de chaque véhicule pendant le déroulement du contrat de LLD.

De la gestion de parc à la gestion de la mobilité, du TCO au TCM

Enfin, il ne vous aura pas échappé que les besoins en mobilité des collaborateurs évoluent constamment. Aussi, dans un nombre croissant d’entreprises et peut-être même la vôtre, l’offre de mobilité s’étoffe : proposition de nouveaux types de véhicules, de nouvelles solutions de déplacement et élargissement des moyens d’accès à ces solutions.

Des services nouveaux apparaissent comme l’autopartage, l’intégration de deux-roues au parc LLD pour les déplacements urbains ou encore de véhicules électriques comme véhicules de service ou de fonction. Ils représentent des opportunités intéressantes pour répondre aux nouveaux enjeux de mobilité des entreprises. Au-delà d’une approche centrée sur le TCO, l’optimisation du « TCM » (coût total de mobilité) devient un objectif prioritaire. Là-encore, le gestionnaire de flotte est directement concerné. D’ailleurs, son métier est en train d’évoluer vers celui de « mobility manager », amplifiant encore le nombre et la nature de ses missions et de ses responsabilités. Cela signifie qu’au-delà de la recherche d’optimisation du TCO et du TCM, il lui faut désormais avoir une vision stratégique de long terme pour être force de négociation et de persuasion en interne et auprès de ses prestataires extérieurs. 

Un métier qui se professionnalise

Il n’existe pas de formation initiale et pas même d’option dans les cursus universitaires pour se préparer à devenir gestionnaire de flotte. Ce métier reste de ce fait très ouvert aux autodidactes.

Il nécessite cependant de bénéficier d’un niveau d’études de type bac +2 ou bac +3.

Une fois nommé, le professionnel peut toutefois suivre des formations continues parmi celles dispensées par l’Afnor, l’INVE, l’Usine Nouvelle, Demos, Comundi, Flottes Automobiles.

Enfin, il faut savoir que l’ARFA (Agora des responsables de flottes automobiles), qui a vu le jour en 2007, regroupe aujourd’hui près d’une centaine de membres.