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Le véhicule électrique en hiver

Publié le 28/11/2022
Véhicule électrique hiver

Source Renato Mitra/Unsplash

Par le passé, les véhicules thermiques pouvaient se révéler capricieux en période hivernale mais les évolutions technologiques dont ils sont dotés aujourd’hui ont quasiment fait disparaître ce désagrément. Les véhicules électriques sont pour leur part très adaptés à la conduite hivernale. Contrairement à celui d’une voiture thermique, le moteur d'une voiture électrique est insensible au froid ou au gel. Il n’est en contact avec aucun liquide (huile, liquide de refroidissement, carburant) qui pourrait affecter son fonctionnement. Avec un véhicule électrique, vous n’aurez pas à subir de démarrages capricieux ou de longues montées en température. Quand le thermomètre descendra, votre attention se concentrera sur la batterie et le chauffage.

La batterie

La batterie lithium-ion qui équipe les voitures électriques fonctionne par réaction électrochimique : celle-ci consiste à faire circuler des électrons en créant une différence de potentiel entre les électrodes négative et positive. L’ensemble est plongé dans un liquide conducteur ionique qu’on appelle « électrolyte ». Cette circulation est ralentie par temps froid. La batterie fournit alors moins d’énergie, se décharge plus rapidement et se recharge plus lentement.

Batterie Lithium

Principe de fonctionnement d’une cellule au Lithium - Source www.planete-energies.com

L’incidence de cet « engourdissement » de la batterie a été bien documentée dans les pays qui connaissent des hivers rigoureux. Une étude norvégienne de 2020 conclut que par temps froid, les véhicules électriques perdent en moyenne 20 % de leur autonomie et se rechargent plus lentement – avec quelques disparités en fonction des modèles.

Pré-conditionnement de la batterie

De nouvelles solutions techniques permettent néanmoins de minorer l’impact du froid sur les performances de la batterie. Ce que les constructeurs appellent « pré-conditionnement thermique de la batterie » désigne une thermorégulation qui maintient la batterie à la température adéquate. Cette fonction peut être déclenchée dans deux cas :
•    Avant de prendre la route, pour limiter la perte de charge et donc l’autonomie de la voiture. Cette fonction est le plus souvent couplée avec le préchauffage de l’habitacle. Elle pourrait faire gagner 10% d’autonomie.

•    Avant une recharge rapide : comme la batterie arrive « préchauffée » à la borne, la puissance de recharge n’est pas limitée, et le temps de charge est optimisé. Certains modèles vont jusqu’à utiliser les fonctions de localisation pour croiser les données entre le besoin de charge et la proximité d’une borne de manière à déclencher le pré-conditionnement thermique au bon moment sur le trajet vers la borne en question.

Préchauffage plutôt que chauffage

Le préchauffage en hiver est l’une des fonctionnalités les plus adaptées à l’usage d’un véhicule 100% électrique. Il permet de trouver son véhicule dégivré et à bonne température au moment de prendre la route. De plus, en effectuant le préchauffage alors que le véhicule est branché sur une borne de recharge, l’autonomie de la batterie ne sera pas affectée.

Une fois en route, et contrairement à celui d’un moteur thermique, le fonctionnement du moteur électrique ne dégage pas suffisamment de chaleur pour chauffer l’habitacle. Les véhicules électriques sont donc équipés de solutions de chauffage spécifiques :
•    Chauffage à résistances électriques : simple, rapide et efficace mais gourmand en énergie. Sa consommation moyenne est de 3000 W, ce qui réduit l’autonomie de la voiture de 10% environ.
•    Chauffage par pompe à chaleur : il comprime l’air froid et capte ses calories puis les convertit en chaleur diffusée dans l’habitacle. Plus coûteux à l’achat, ce système se révèle économique à l’usage (500 w environ) et permet de préserver l’autonomie du véhicule.

Conduite en montagne et sur neige

Les véhicules électriques sont tout aussi concernés que les véhicules thermiques par la loi Montagne : depuis 2021, celle-ci impose aux conducteurs de disposer d’équipements spéciaux dans certaines zones de montagne entre le 1er novembre et le 31 mars de l’année suivante. Les pneumatiques hiver « standard » des manufacturiers sont adaptés aux VE, en attendant la mise sur le marché d’une offre spécifique, comme pour les pneus été.

 

Batterie en hiver

Source « Norges Automobil-Forbund »

Sur la route, le poids de la batterie est bien réparti sur l’ensemble du véhicule, ce qui assure une adhérence et une traction supérieures à celle d’un véhicule thermique. Comme le véhicule n’est pas équipé d’un système de transmission ni d’échappement, son bas de caisse est plat, ce qui réduit le risque de rester bloqué dans la neige.

L’utilisation d’un véhicule électrique, même en période hivernale, reste une alternative intéressante pour les utilisateurs. La légère perte d’autonomie subie par les batteries peut être compensée par l’adoption de gestes simples de la part des conducteurs. Et l’agrément de circuler en véhicule électrique reste total pour le conducteur et pour tous les occupants. 

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