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Les modes de transports « doux » sont là pour durer

Encouragée par les incitations fiscales, portée par la recherche d’alternatives à la voiture et aux transports en commun dans les grandes villes, la vague du vélo électrique s’amplifie et atteint votre entreprise et vos collaborateurs. Ce n’est pas le seul mode de transport « soft » à connaître le succès. De nouveaux objets de mobilité commencent à trouver leur place, notamment dans les villes, au point qu’il faudra sans doute rapidement réglementer leur usage dans l’espace public.

Il n’y a pas que la voiture dans la ville ! Depuis plusieurs années, en plus du vélo, de nombreux objets roulants ont fait leur apparition, parfois jusque sur les trottoirs. En matière de transport « soft » et de micro-mobilité urbaine, il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets. Le terme d’EDP, pour engins de déplacement personnel, a fait son apparition. Et il y a même un terme spécifique pour les EDP électriques : on parle alors de NVEI, pour nouveau véhicule électrique individuel.

Attention à la sécurité de tous, piétons comme utilisateurs

La question de la sécurité des utilisateurs de ces nouveaux modes de transport est cependant posée. Elle intéresse les entreprises, soucieuses de l’intégrité physique de leurs salariés, mais aussi les responsables de l’aménagement urbain. Car la cohabitation sur les voies de circulation, les trottoirs ou encore les pistes cyclables n’est pas aisée, entre des « objets mobiles » atteignant des vitesses de l’ordre de 30 km/h et des piétons qui ne marchent qu’à 5 km/h et changent souvent de trajectoire.

Le code de la route ne prévoit encore rien pour ces nouveaux engins dont les règles de circulation dépendent d’une certaine tolérance des pouvoirs publics et des forces de l’ordre. En particulier, un maire peut interdire certains usages sur les trottoirs et les pistes cyclables et il incombe à l’utilisateur de connaître ces limitations.

Le site de la Prévention Routière rappelle cependant quelques règles de base :

- Vérifiez que votre assurance vous couvre au titre de la responsabilité civile

- N’empruntez pas les voies de circulation ou les pistes cyclables, réservées à des véhicules homologués. Sur les trottoirs, votre vitesse devra être adaptée à celle des piétons. Pour mémoire, un choc à 25 km/h équivaut à une chute depuis le premier étage d’un immeuble.

Réglementation à venir

La réglementation devrait se consolider au fur et à mesure du développement des nouveaux moyens de mobilité urbaine. D’autant qu’il y a de véritables imbroglios juridiques comme le faisait remarquer récemment cet avocat à propos des trottinettes électriques par exemple. L’enjeu est d’importance, pour la sécurité des individus comme pour les aménageurs de l’espace public qui voient avec intérêt se développer des alternatives à la voiture. En attendant ce jour, roulons « soft » à tous points de vue !

Le vélo reste la star des nouvelles mobilités

La star des déplacements en « micro-mobilité » urbaine reste le vélo. Dans sa version électrique, les ventes explosent même avec plus de 134 000 exemplaires commercialisées en 2016 (prix à partir de 1 000 euros environ) puis 255 000 en 2017, sur un total d’environ 3 millions d’unités (source Union Sports & Cycle).

Selon la même source professionnelle, 32 % des Français pédalaient régulièrement en 2015 (50 % de plus que trois ans auparavant). Les vélos en libre-service (VLS) dans les principales grandes métropoles ont contribué à cette montée en puissance. Au total et selon l’Avere, le vélo représenterait ainsi 3 % de part modale dans les déplacements en centres-villes, une proportion qui grimpe même à 15 % à Strasbourg, première ville de France à avoir mis en place une véritable politique dédiée.

Au-delà du vélo, quels objets mobiles pour la mobilité douce

Dans sa version à propulsion pédestre, elle avait déjà connu un premier moment de gloire dans les années 1990. Elle a fait dernièrement une réapparition remarquée, grâce notamment à ses versions électriques et à leurs vitesses atteignant 40 km/h. Il s’en est vendu plus de 100 000 unités en version électrique en France en 2017 (source Salon Autonomy). Budget : à partir de 300 euros. Surtout, depuis deux ans, les offres en « free floating » rencontrent un succès rapide en ville.

Le gyropode

Cette plateforme à deux roues est surmontée d’un manche à hauteur d’utilisateur, qui permet de se diriger mais aussi de régler sa vitesse, qui peut atteindre 20 km/h. A propulsion électrique, elle est très prisée dans les zones touristiques où elle est surtout utilisée en location, car l’investissement est conséquent.

Budget : à partir de 2000 euros.

Monocycle électrique (ou gyroroue ou wheel)

Une roue à propulsion électrique de laquelle dépassent deux reposoirs placés en dessous de l’axe de rotation, pour les pieds de l’utilisateur. Sens de l’équilibre exigé, car certains modèles dépassent les 30 km/h !

Budget : à partir de 500 euros.

Scooter électrique léger

Présenté comme un scooter par les fabricants, il ressemble plutôt à un vélo pliable – quoiqu’assez volumineux - et atteint des vitesses de 30 à 40 km/h.

Budget : à partir de 1 000 euros.

Serge Asencio, chargé de mission vélo à l’Euro Métropole de Strasbourg

La part modale du vélo en centre-ville de Strasbourg atteint les 15 %. C’est une stratégie de longue haleine qui porte ses fruits. Le premier schéma directeur sur ce sujet date de 1978. Depuis, nous avons développé 600 km d’aménagements cyclables sur la métropole. Mais le succès du vélo en ville dépend aussi de la mise à disposition d’autres moyens de transport, en particulier ceux qui vont permettre la multi-modalité des trajets.

Pour limiter la vitesse sur les trottoirs et, d’une manière générale, organiser la cohabitation, nous avons par exemple défini des zones piétonnes dans lesquelles les cyclistes doivent descendre de leur vélo. Et en parallèle, nous avons mis en place des axes de circulation « rapides » pour éviter aux cyclistes de passer par le centre-ville.

Je crois plutôt aux vertus de la pédagogie. Peut-être serait-il intéressant de s’inspirer de la démarche allemande, selon laquelle l’amende est proportionnelle au risque que le cycliste fait courir aux autres usagers ?

Quand l’entreprise se met au vélo…

Des incitations fiscales ont été instituées dès la loi de transition énergétique entrée en vigueur début 2016 (création de l’indemnité kilométrique vélo, aides fiscales pour l’acquisition de vélos électriques). La loi dite d’orientation des mobilités, portée par le gouvernement et présentée à l’automne 2018, devrait faire évoluer ce cadre pour en renforcer l’attractivité et faire passer la part du vélo de 3 à 9% d’ici 2025.

Bref, votre entreprise ne manque pas de solutions pour encourager l’utilisation du vélo par vos collaborateurs.

• La loi prévoit aussi que les nouveaux bâtiments commerciaux et industriels « réservent » des infrastructures de stationnement spécifiques aux vélos.

• Pour le parc immobilier existant, des locaux dédiés peuvent être créés. Il conviendra de les sécuriser mais aussi de les équiper en solutions de rechargement de batterie pour les vélos électriques.

• Des sociétés de services proposent des prestations de gardiennage et de maintenance des vélos qui leur sont confiés, sur site (par exemple, Softee Bike). Elles offrent également des solutions de « vélo-partage ».

• Enfin, pour les autres modes de transports « soft », des ajustements du règlement intérieur pourront être imaginés, autorisant par exemple leur stockage dans les étages de bureaux, dans des locaux dédiés et équipés de prises électriques.