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Fleetmag

Le futur du véhicule autonome et connecté se construit aujourd’hui

Passionné de technologies, Romain Trévin suit de près les évolutions du véhicule « du futur »… qui circule parfois déjà sur nos routes. Ses lectures et ses recherches l’ont transformé en spécialiste du sujet, sur lequel il échange bien volontiers avec les clients d’Alphabet.

A bientôt trente ans, Romain Trevin, chef de marché corporate chez Alphabet, le dit lui-même : « Je fais partie d’une génération qui vit la digitalisation de son environnement et son impact considérable sur nos usages. En effet, nous avons bien compris que pour aller d’un point A à un point B, il n’y a pas que la voiture ! »

C’est ainsi que, même s’il reconnait avoir très vite passé son permis de conduire pour gagner en autonomie, il n’est pas dans une logique de détention d’un véhicule à tout prix. « Je pense que la location fait sens, ne serait-ce que pour pouvoir facilement utiliser tous les autres moyens et services de mobilité qui s’offrent à nous » explique celui qui s’est notamment occupé, chez le spécialiste de la location longue durée, du déploiement de l’offre d’autopartage (AlphaCity), de vélopartage et de covoiturage.

Au volant d’une voiture sans conducteur dès… 2015

L’autre passion de Romain, c’est la technologie, en particulier tout ce qui concerne le véhicule autonome et connecté. Une passion qui a débuté dans son poste précédent, chez Tesla, où il a eu l’occasion, dès 2015, d’utiliser le fameux logiciel Autopilot qui lui a permis de goûter très tôt au plaisir de la conduite semi-autonome. « J’ai acquis dès ce moment-là l’intime conviction que nous allions vers des bouleversements dans notre rapport à l’automobile. »

Une impression, on l’a compris, résolument positive : « J’entends bien ceux qui craignent la disparition du plaisir de la conduite. Mais franchement, où est ce plaisir dans les embouteillages des heures de pointe ? Et je suis persuadé que d’autres plaisirs, d’autres souvenirs aussi, vont naître de ces nouveaux rapports à la mobilité. »

Les progrès sont là, mais il va falloir être encore patient

Grand lecteur de revues spécialisées, il suit également les travaux des chercheurs, l’évolution des réglementations, les résultats des expérimentations. De quoi se forger une opinion sur le calendrier de la voiture autonome et connectée ? « Nous sommes aujourd’hui au niveau 3 de l’autonomie – sur une échelle qui va de zéro à 5, NDLR – c’est-à-dire, dans le meilleur des cas, à un embryon de délégation totale de la conduite, dans des conditions d’environnement bien définies et avec possibilité de reprendre immédiatement la main pour le conducteur. Cela est déjà autorisé en France sur certains modèles chez BMW, Mercedes ou Tesla par exemple. »

Sur le plan réglementaire aussi, les choses avancent, avec une modification de la convention de Vienne pour autoriser cette prise de contrôle du véhicule par un système. Néanmoins, il va falloir être très patient pour atteindre le niveau 5 ! « Les expérimentations les plus avancés à ce jour portent sur des trajets effectués par des navettes totalement autonomes, sans conducteur, sur des trajets extrêmement codifiés, où tous les obstacles ont été décrits et cartographiés ».

Des progrès attendus sur la cartographie

Certains états américains laissent également des expériences se dérouler sur des routes « ouvertes », ce qui a pu occasionner des accidents, ainsi que la grogne des conducteurs de véhicules « normaux », qui estiment que les véhicules autonomes vont trop lentement (en fait, ils respectent scrupuleusement le code de la route, NDLR). « Il va falloir des progrès dans un peu toutes les directions, prévient Romain. Au niveau des radars et des caméras, mais surtout pour cartographier plus précisément l’environnement car nous allons avoir besoin d’une précision à 20 cm, encore loin d’être atteinte sauf sur des portions bien définies… ou chez les militaires avec leurs satellites dédiés. »

Autre point crucial, le développement des réseaux et de la télématique embarquée : la 5G fait désormais consensus pour faciliter les échanges entre véhicules ou entre le véhicule et son  environnement (route, signalisation, forces de l’ordre en cours d’intervention, etc.).

L’intelligence artificielle à la rescousse

« La conséquence de tout cela, c’est une augmentation considérable des volumes de données transmis par les voitures, de l’ordre de 4 TO par jour et par véhicule. Pour les traiter avec efficacité, on met beaucoup d’espoir dans l’intelligence artificielle et les technologies de « deep learning », grâce notamment aux capacités d’apprentissage qu’elles apportent aux systèmes ».

Malgré ces progrès, Romain Trévin reste mesuré : « d’ici 2025, les constructeurs vont d’abord proposer des réponses à des situations simples et bien définies, par exemple sur des portions d’autoroute. Ce qu’a fait par exemple Renault avec sa Symbioz sur l’autoroute A13. La connexion aux infrastructures, ce sera pour encore plus tard, vers 2030, car il faudra apprendre à traiter des obstacles comme les tunnels, les barrières de péages, etc. Quant à l’arrivée de ces voitures autonomes en ville, ce ne sera sans doute pas avant 2040. »

Accompagner les gestionnaires de flotte clients d’Alphabet

Faut-il pour autant se désintéresser d’un sujet aussi lointain lorsqu’on est chef de parc ? « Souvent, ce sont des professionnels férus de technologie, au moins automobile » répond Romain Trévin. « Mais il est vrai que le calendrier d’une part, les incertitudes d’autre part, les laissent circonspects. Ils ont également des craintes par rapport aux surcoûts que pourraient engendrer ces technologies et il est vrai qu’aujourd’hui, des options comme le régulateur adaptatif sont encore proposés à des tarifs élevés ». Il y a néanmoins un terrain sur lequel la discussion reste toujours possible, et les espoirs bien réels : celui de la sécurité des conducteurs. « Derrière cela, c’est toute une réflexion sur la mobilité prise au sens large qui se met en place. Les gestionnaires de flotte sont de plus en plus convaincus qu’ils ont des réponses à apporter en termes de productivité, de confort et donc finalement de qualité de vie au travail. Le véhicule autonome fera un jour partie des solutions » conclut Romain Trévin.