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« Court-voiturage » : le nouveau transport en commun

En une décennie, le covoiturage s’est installé dans les habitudes de nombreux voyageurs. L’intérêt pour le « court-voiturage », réservé aux trajets brefs et fréquents, en particulier entre le domicile et le lieu de travail, est beaucoup plus récent. Si les grèves de 2018 ont permis à de nombreux voyageurs de découvrir son utilité, son usage devrait continuer à se développer.

Les raisons convergentes de la croissance du « court-voiturage » sont bien établies 

  • Les transports en commun ne maillent pas suffisamment certains territoires urbains ou ruraux et il apparaît peu probable que les collectivités disposent à terme des moyens nécessaires à leur développement.
  • Le coût du véhicule individuel demeure élevé pour de nombreux ménages (6 833 euros /an en 2018 pour une Renault Clio selon l’Automobile Club Association). Le « court-voiturage » permet au conducteur de diminuer ses charges et aux passagers de se passer de voiture.
  • La prise de conscience de l’importance de la lutte contre la pollution de l’air et les embouteillages progresse rapidement.
  • Les nouvelles générations plébiscitent l’économie de partage. La démocratisation des smartphones et l’amélioration de la couverture réseau permettent son développement.

De fait, le « court-voiturage » répond à un véritable besoin, en particulier pour les trajets récurrents, type domicile-travail ou gare-travail : il offre une solution souple et écologique, permet un gain de temps et favorise les déplacements dans des territoires mal desservis par les transports en commun.

Quelques freins pourraient ralentir l’essor du « court-voiturage » :

  • Les services de transport « classiques » sont subventionnés par les collectivités et peuvent sembler compétitifs aux usagers par rapport aux plateformes de court-voiturage. En réalité, dans de nombreux cas de figure, transports en commun et court-voiturage seront plutôt complémentaires que concurrents.
  • Pour les conducteurs, le covoiturage sur des trajets courts représentent un intérêt financier moins important que celui pratiqué sur de longues distances. Il faudra plutôt compter sur d’autres motivations. 
  • Les freins psycho-sociaux ne sont tout à fait identiques à ceux du co-voiturage. En effet, sur les trajets courts, les usagers fonctionnent avec des routines difficiles à remettre en cause. Ils risquent aussi de se projeter dans le schéma rigide d'une dépendance envers un seul covoitureur pour les trajets fréquents. A cette dépendance peut aussi s’ajouter la crainte d’une sociabilité obligatoire (politesse, sujets de conversation, comportement de l’autre…)
source : Ile-de-France Mobilités
source : Ile-de-France Mobilités

Quels acteurs en France ?

Le marché n’est pas encore mature et les initiatives sont d’origines différentes :

  • Elles viennent naturellement des opérateurs historiques du covoiturage : Blablacar opère depuis 2006 mais reste positionné sur des déplacements de longue distance (moins de 10% de ses trajets sont inférieurs à 80 kilomètres). C’est pourquoi l’opérateur a développé tout récemment une nouvelle offre dédiée aux trajets courts : Blablalines.
  • Les constructeurs automobiles ne sont pas en reste et équipent de plus en plus leurs modèles des fonctionnalités nécessaires au covoiturage (GPS communiquant, par exemple…). Renault voit encore plus loin avec le concept EZ-GO qui préfigure le lancement d’une flotte de « court-voiturage » autonome.
  • Les collectivités multiplient aussi les initiatives : ainsi, en intégrant des offres de covoiturage à son application multimodale Vianavigo, la région Ile-de-France complète utilement son offre de transports en commun.
  • Les entreprises, enfin, peuvent mettre en œuvre des solutions innovantes dans le cadre de leur plan de mobilité en proposant à leurs salariés l’accès à une plateforme de court-voiturage pour leurs trajets domicile-travail.

De fait, l’automobile va (re)devenir la meilleure solution pour de nombreux types de trajets courts.  Les progrès actuels sur ses niveaux d’émissions polluantes et sur sa connectivité vont la rendre apte au partage en tous temps et en tous lieux. Cette automobile partagée pourra bientôt pallier les insuffisances de couverture et rester compétitive face aux coûts réels des transports en commun traditionnels. Un transport en commun agile en quelque sorte ?